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Psychédélique · 400 rapports Erowid

Ipomée (Morning Glory)

En bref

Graines contenant de l'amide de l'acide lysergique (LSA), apparenté au LSD. Effet psychédélique plus corporel et sédatif, nausées fréquentes.

Tolérance

Tolérance rapide comme le LSD (le LSA lui est apparenté), remise à zéro en quelques jours ; croisée avec les psychédéliques lysergiques.

Mélanges contre-indiqués

IMAO contre-indiqués (LSA apparenté au LSD). Éviter les stimulants. Lithium et tramadol : risque de convulsions. Les graines du commerce sont parfois enrobées de pesticides ou de fongicides.

Risques majeurs, liste non exhaustive ; en cas de doute, vérifier sur une ressource de réduction des risques.

Durée

Voie : orale · montée ~45 min · pic ~2 h · durée ~7 h
02 h4 h6 h7 hintensité

Ordres de grandeur indicatifs ; ils varient avec la dose, la voie et la personne.

Notes La Honda

Aucune note La Honda sur cette substance pour l'instant.

Rapports Erowid (400)

Échantillon des 50 plus récents sur 400. © Erowid Center.

Synthèse

Le danger de cette graine n'est pas sa puissance, c'est son irrégularité et le geste qu'elle provoque : la personne qui ne sent rien reprend une dose. Sa réputation de LSD naturel ne tient pas. Le seul travail qui ait mesuré l'ergine sur des récepteurs conclut qu'elle ne doit pas être regardée comme une drogue psychédélique de type LSD, et la seule expérimentation humaine contrôlée, à 5 mg, n'a produit que de la somnolence. Le liseron des jardins, Ipomoea tricolor, est une graine ornementale vendue en jardinerie sous les cultivars Heavenly Blue, Pearly Gates et Flying Saucers, et ses ergolines ne sont même pas fabriquées par la plante : elles viennent d'un champignon symbiotique, et environ une graine sur trois seulement le porte. L'irrégularité commence là.

Ce que contient la graine, et qui le fabrique

Les ergolines des liserons sont produites par des champignons du genre Periglandula, épibiontes des Convolvulaceae, qui portent le gène de l'étape déterminante de la biosynthèse. Le symbiote propre à I. tricolor a été isolé en 2025 sous le nom de Periglandula clandestina, l'épithète renvoyant à son caractère caché : il n'est pas visible sur les feuilles, seulement dans les téguments vides des graines. Un traitement au fongicide tébuconazole supprime l'accumulation d'ergolines, ce qui démontre l'origine fongique, et le même travail retrouve le symbiote identique dans les trois cultivars. Trois ergolines y sont détectées : la lysergic acid alpha-hydroxyethylamide, dite LAH ou LSH, l'ergine, autrement dit le LSA, et l'ergonovine, autrement dit l'ergométrine.

Laquelle domine dans la graine reste ouvert, et il ne faut pas trancher. La LAH représente 58 à 77 % des ergolines dans ce travail, mais la mesure porte sur des tissus végétatifs de plantules de six semaines en hydroponie, les graines n'ont pas été dosées, et la quantification y est relative à un étalon d'ergonovine. D'autres publications disent l'inverse pour la graine. S'y ajoute un piège analytique : la LAH se réarrange en ergine dans une source d'ionisation trop agressive et sous extraction micro-ondes, et l'ergine est en outre un produit d'hydrolyse de la LAH, sensible à l'âge et au stockage de l'échantillon. Une partie des chiffres d'ergine publiés est donc probablement de la LAH convertie. Pendant ce temps, toute la pharmacologie disponible porte sur l'ergine, et aucune caractérisation réceptorielle de la LAH n'existe. Il est possible que cette fiche, en parlant de LSA, nomme la mauvaise molécule pour cette plante-là.

Ce que fait l'ergine, et ce que personne n'a mesuré

Un seul travail publié mesure l'ergine sur des récepteurs. En pKi : 7,99 sur 5-HT1A, 7,56 sur 5-HT2, 7,21 sur l'alpha-2 adrénergique, 6,05 à 6,85 sur les sous-types dopaminergiques et alpha-1. Les auteurs précisent que le LSA montre une affinité plus faible que le LSD sur tous les sous-types testés, et leur conclusion est textuelle : il ne devrait pas être considéré comme une drogue psychédélique de type LSD. Le même article portait un modèle in silico dont la mesure a réfuté la prédiction principale ; ses valeurs 5-HT1D, 5-HT1B, 5-HT6, 5-HT7 et D2 restent purement prédites et ne doivent jamais être citées comme des affinités.

Il n'existe aucune donnée d'efficacité fonctionnelle de l'ergine sur 5-HT2A : de la liaison, pas de fonction. Agoniste partiel, agoniste faible ou antagoniste, indéterminé. Appliquer à l'ergine le modèle 5-HT2A des hallucinogènes classiques est une extrapolation, pas un résultat. Il n'existe pas davantage de donnée de niveau système chez l'humain, ni imagerie fonctionnelle, ni EEG, ni connectivité ; la seule imagerie publiée en lien avec le LSA est diagnostique, celle d'un syndrome d'encéphalopathie postérieure réversible. La littérature entière tient dans très peu : la revue systématique la plus récente n'a retenu que 17 études et 219 patients, sans un seul essai contrôlé ni une seule courbe dose-réponse humaine.

L'argument expérimental humain va dans le même sens. En 1966, Isbell et Gorodetzky ont administré à des sujets humains soit un extrait brut de graines d'ololiuqui, soit un mélange d'alcaloïdes de synthèse, à 5 mg : somnolence, peu d'autres effets subjectifs, rarement de la distorsion perceptive, ni fièvre ni mydriase marquée, aucune hallucination, alors que le LSD-25 produisait dans le même cadre nervosité, distorsion, euphorie et hallucinations. Leur conclusion est que l'ololiuqui et ses alcaloïdes doivent être regardés principalement comme des sédatifs plutôt que comme des psychotomimétiques. Les réserves sont lourdes et inséparables : l'article n'a pas été lu, la notice PubMed ne porte aucun résumé, celui dont nous disposons vient d'un moteur de recherche et n'est corroboré que par l'indexation MeSH de la notice ; la population était constituée d'anciens dépendants à la morphine à l'Addiction Research Center de Lexington ; la taille de l'échantillon est inconnue. C'est la source humaine la plus importante de la fiche et la moins bien tenue.

La seule étude humaine moderne porte sur une autre plante, Argyreia nervosa, la Hawaiian baby woodrose, qui a sa propre fiche, et elle a été interrompue. C'est le cas de la quasi-totalité du corpus clinique et des dosages sanguins disponibles : ils viennent de cette voisine, et chaque fois qu'un chiffre en vient, c'est dit. Quatre volontaires, graines par voie orale, LSA sérique de 0,66 à 3,15 ng/mL environ deux heures après ingestion. À ces concentrations : effets végétatifs sévères, nausées, faiblesse, fatigue, tremblement, élévation de la pression artérielle, et un état de type psychotique qui a mis fin à l'étude. La même équipe qualifie ailleurs l'activité psychédélique observée de faible. C'est le tableau que décrivent les sources, une composante végétative qui domine et une composante perceptive plus faible et plus incertaine que ce que le nom LSA laisse attendre. La mydriase, souvent citée, n'est documentée que pour Argyreia, et la source la plus proche pour Ipomoea dit explicitement l'inverse.

La dose n'est pas une énigme, c'est une loterie

Trois estimations indépendantes convergent sur environ 4 à 23 µg d'ergine par graine : un lot commercial à 0,011 % de LSA, un lot de saisie policière à 0,062 %, et une dérivation ancrée sur une phrase d'auteurs qui donnent la graine douze fois plus concentrée que les parties vertes, soit environ 295 µg/g d'ergine et 19 µg/g d'ergométrine. Autrement dit, 250 à 400 graines représentent grossièrement 1 à 9 mg d'ergine, c'est-à-dire la dose de 5 mg d'Isbell. Les doses folkloriques atteignent bien la dose expérimentale, et cette dose ne produit pas d'hallucinations. Il n'y a pas d'énigme à résoudre là.

Ce qui reste est une variabilité quantifiée quatre fois, et c'est le vrai objet de cette fiche.

  • Le poids d'une graine varie de 15 à 65 mg. Facteur 4 avant même de parler de teneur : un comptage en nombre de graines est structurellement imprécis.
  • Un lot peut ne rien contenir. Sur cinq lots commerciaux analysés, trois seulement contenaient des ergolines, et les trois portaient le cultivar Heavenly Blue, bien que vendus sous deux noms d'espèce différents.
  • Deux graines d'un même sachet ne se valent pas. Analysées une à une, elles vont d'une valeur proche ou inférieure à la limite de détection, soit 1,0 µg/g, jusqu'à deux fois la moyenne. Les auteurs nomment eux-mêmes le risque : surdose par sélection accidentelle de graines plus puissantes, ou reprise d'une seconde dose quand la première a moins agi que la moyenne.
  • Le mécanisme est connu. Dans un lot unique de Heavenly Blue, 13 téguments sur 37 portaient des colonies fongiques et 14 plantules sur 38 issues du même lot étaient positives aux ergolines. Environ une graine sur trois porte le symbiote, le reste est chimiquement inerte. Réserve : téguments observés après germination et plantules dosées à quatre semaines en hydroponie, pas un dosage de graines sèches. C'est le meilleur chiffre dont on dispose.
  • La loterie se joue aussi entre populations : chez les espèces positives disposant d'au moins trois échantillons d'herbier, les ergolines ne sont présentes que dans 67 % des échantillons en moyenne.

Deux chiffres qui circulent poussent exactement dans la mauvaise direction. ICEERS annonce pour l'ergine pure une dose active de 1 à 2 mg par voie orale, attribuée à Hofmann sans référence, ce qui contredit frontalement les 5 mg d'Isbell et fait partir d'un seuil supposé actif trop bas. La même page donne pour I. violacea 5 à 10 grammes, décrits comme 6 à 13 graines : ce sont les grammes qui sont bons et le comptage en graines qui est faux, d'un facteur d'environ 12 à 50. Une croyance de forum s'y ajoute, selon laquelle les ISRS atténueraient fortement l'effet du LSA et obligeraient à consommer beaucoup plus de graines : aucune source primaire ne la soutient. Ce qui est dangereux dans ces trois énoncés n'est pas ce qu'ils affirment, c'est ce qu'ils font faire, l'escalade de dose sur un matériau dont la teneur varie déjà d'un facteur supérieur à deux d'une graine à l'autre. C'est le mode d'accident central de cette plante.

Durée et tolérance

Tout ce qui suit porte sur la voie orale, graines entières ou broyées, ou infusion, la seule qui soit documentée.

ICEERS donne un début entre 40 et 90 minutes, un pic à 2 à 2,5 heures et une durée totale de 5 à 8 heures, sans citation primaire. Le seul ancrage mesuré compatible est le pic sérique à environ deux heures et la disparition urinaire entre 24 et 48 heures, sur Argyreia. Traiter les 5 à 8 heures comme une estimation d'organisme de réduction des risques, pas comme une donnée.

Chez l'humain, l'ergine n'a ni demi-vie plasmatique publiée ni voie enzymatique établie : les métabolites 2-hydroxy-3-oxo du LSA et de l'ergonovine sont identifiés en toxicologie légale, l'enzyme qui les produit ne l'est pas. Rien n'a jamais été mesuré non plus du métabolisme de l'ergine par le CYP3A4, ce qui laisse ouverte une question d'interaction réelle, l'ergotisme par inhibition du CYP3A4 étant documenté pour l'ergotamine.

Sur la tolérance, il n'existe pas de donnée. Le programme historique de tolérance croisée de l'Addiction Research Center a couvert la psilocybine, la mescaline, le BOL-148, la d-amphétamine et le THC face au LSD, jamais l'ergine. L'affirmation courante d'une tolérance croisée avec le LSD est une extrapolation de classe chimique.

Réduction des risques

La consigne opérationnelle numéro un tient en trois mots : ne pas reprendre. Les trois niveaux de loterie qu'on vient de voir s'empilent, et le geste qui en découle est nommé par les analystes eux-mêmes. Elle vaut quelle que soit l'absence d'effet ressenti, et c'est justement cette absence qui la met en danger.

1. L'idéation suicidaire est le signal grave le plus répété, et il passe avant tout le reste. Il revient dans quatre sources indépendantes et de nature différente : un rapport de cas de suicide après ingestion de graines de morning glory en 1964, un décès par chute depuis un immeuble avec verbalisation de l'intention de sauter, deux sujets d'un corpus de rapports d'usagers, un suicide après agitation et psychose dans la revue systématique. Aucun de ces événements n'est une toxicité de dose : le risque de cette plante n'est pas une dose létale, il est un comportement. La psychose induite est le second signal, le plus souvent spontanément résolutive mais sans traitement établi, y compris chez une personne ayant déjà consommé sans incident ; les adolescents sont surreprésentés dans les rapports de cas. Conséquence pratique : un tiers sobre, et pas de fenêtre ni de balcon accessibles.

2. Grossesse : contre-indication, et c'est le point le mieux étayé de la fiche. Les graines contiennent de l'ergométrine, autrement dit l'ergonovine, utérotonique de référence, qui figure parmi les trois ergolines détectées chez I. tricolor et représente 10 à 17 % des ergolines dans les produits d'Argyreia analysés. Un principe stimulant utérin avait été décrit dans des extraits d'ololiuqui dès 1965. Personne n'a jamais quantifié le risque abortif aux doses récréatives, ni calculé la dose d'ergométrine réellement ingérée lors d'une prise typique pour la comparer aux doses obstétricales. L'absence de quantification ne diminue pas la contre-indication. L'allaitement suit la même règle.

3. Risque vasculaire, établi comme pharmacologie et non comme série de cas. Ce qui tient : l'ergine est vasoconstrictrice in vitro sur vaisseaux bovins, où elle se comporte en agoniste partiel adrénergique et 5-HT2 ; l'ergonovine sert en clinique humaine d'agent de provocation du spasme coronaire ; l'élévation de la pression artérielle figure parmi les effets végétatifs de l'étude humaine interrompue ; un cas de PRES avec encéphalopathie hypertensive et état de mal épileptique est publié. Ce qui ne tient pas : aucun cas humain d'ergotisme, d'ischémie de membre ou de gangrène après ingestion de graines de liseron n'a été trouvé dans la littérature indexée, et le cas de PRES est un cas unique où le LSA n'a pas été dosé, où l'espèce n'est pas nommée, et où les auteurs écrivent seulement que le tableau suggère fortement l'imputation. Le PRES est un syndrome d'hypertension et de dysfonction endothéliale, ce n'est pas un ergotisme. Populations à écarter, par extrapolation de la pharmacologie de l'ergonovine et non par cas publiés : antécédent de spasme coronaire ou d'angor vasospastique, cardiopathie ischémique, hypertension non contrôlée, artériopathie périphérique, phénomène de Raynaud, antécédent d'AVC.

4. Vomir sous sédatif est la chaîne la plus banale et la plus grave. Les troubles gastro-intestinaux sont parmi les effets les plus constamment rapportés, et aucune source lue n'identifie la molécule responsable : ni les ergolines, ni les glycosides résiniques purgatifs des Convolvulaceae, ni le matériau du tégument n'ont été mis en cause par une mesure. La chanoclavine, seule ergoline de la graine documentée sur un récepteur émétique, est un antagoniste du 5-HT3A que ses auteurs proposent comme antiémétique potentiel : elle irait dans le sens inverse. Le geste courant qui consiste à gratter la couche blanchâtre du tégument est recommandé par au moins un organisme de réduction des risques sans aucune source. L'actionnable est ailleurs : les vomissements sont ici la règle, et tout ce qui sédate transforme un vomissement en inhalation. Dans le lot de substances de ce wiki, les sédatifs sont le dextrométhorphane, la diphénhydramine et le protoxyde d'azote ; les autres émétiques fiables sont la Hawaiian baby woodrose, la muscade et la rue de Syrie. L'alcool appartient à la même liste, et il est présent dans le seul décès associé au LSA. Sur ces graines, où vomir n'est pas l'accident mais la règle, il n'y a rien à administrer : ce qui protège est quelqu'un qui n'a rien pris, et un corps couché sur le côté.

5. Les enrobages : ce qui est vrai, et le sens de la règle. Le traitement fongicide des semences est une pratique réelle et réglementée : une graine ornementale peut porter un produit qui ne se mange pas. Aux États-Unis, la réglementation EPA au titre du FIFRA, 40 CFR 153.155, impose qu'un produit de traitement de semences contienne un colorant approuvé conférant une couleur non naturelle à la graine, sauf tolérances alimentaires, et avec trois exemptions. Le Federal Seed Act, 7 CFR 201.31a, n'impose de son côté que de l'étiquetage. L'implication ne va que dans un sens : une graine de couleur non naturelle est une graine traitée, mais une graine non colorée n'est pas pour autant non traitée, à cause de ces exemptions, et surtout parce que c'est une règle américaine, sans portée sur des graines achetées en France ou dans l'Union européenne. Quant à l'histoire qui circule partout, y compris dans une rubrique de toxicologie destinée aux urgentistes, selon laquelle les graines du commerce seraient couramment enrobées de méthylmercure pour dissuader l'abus : elle n'a aucune source primaire identifiable, trois versions mutuellement incompatibles du même récit circulent, et les mercuriels alkylés en traitement de semences sont interdits aux États-Unis depuis 1970, le méthylmercure en étant un. Surtout, la nausée et les vomissements sont attendus même avec des graines non traitées, ce qui rend l'enrobage inutile comme explication. Ce qui vaut aussi contre l'extraction : elle concentre toutes les ergolines, donc l'ergométrine et la LAH en même temps que l'ergine, et elle supprime le plafond naturel imposé par les vomissements, en pratique le principal facteur limitant la dose absorbée. La revue systématique note que les forums donnent des informations trompeuses sur les méthodes d'extraction et d'ingestion.

6. Le nom sur le sachet ne vaut rien, dans les deux sens. Le matériel psychoactif est I. tricolor, en particulier les trois cultivars nommés plus haut. Mais dans le seul jeu de données où des lots commerciaux ont été analysés, ce qui prédisait la présence d'ergolines était le nom de cultivar et non le nom d'espèce imprimé : un lot vendu comme I. purpurea Heavenly Blue était positif, deux autres lots d'I. purpurea négatifs. La nomenclature elle-même brouille les pistes depuis un siècle : la plante horticole à fleur bleue a longtemps été appelée Ipomoea violacea, y compris chez Schultes, alors qu'elle est I. tricolor, si bien qu'une source ancienne qui écrit I. violacea parle presque toujours de la plante à fleur bleue. L'idée que I. violacea au sens botanique strict serait dépourvue d'ergolines repose sur un seul article de 2025 lu au seul résumé, dont on ignore l'effectif, les concentrations et les limites de détection, et qui contredit un siècle de littérature sans réplication : plausible, pas acquis. Ce qui tient sans lui, c'est que les textes législatifs visent fréquemment l'espèce inerte en omettant la psychoactive. Le genre Ipomoea compte par ailleurs des centaines d'espèces jamais testées et contient des plantes toxiques par des mécanismes étrangers aux ergolines : I. carnea et sa swainsonine, qui produit une surcharge lysosomale, I. asarifolia et I. muelleri, trémorgènes pour le bétail par des indole-diterpènes, la patate douce moisie et son facteur d'œdème pulmonaire. Précision qui doit être dite dans les deux sens : aucun indole-diterpène n'a jamais été mesuré chez I. tricolor, seul un groupe de gènes existe chez son symbiote. Les graines de liseron horticole ne sont pas connues pour contenir des trémorgènes.

7. Combinaisons, par ordre de solidité. Documenté comme co-usage réel, sans issue clinique attachée : le cannabis, très fréquent, et le dextrométhorphane. Le seul décès associé au LSA concerne des graines d'Argyreia, une chute, et le sujet portait THC et éthanol : tableau confondu, à ne pas attribuer au LSA seul. Sur la rue de Syrie et les IMAO, il faut être exact dans les deux directions. Aucun cas publié d'interaction entre LSA et IMAO n'existe, et le LSA est une ergoline, pas une tryptamine simple : personne n'a jamais établi qu'il soit substrat de la monoamine oxydase, si bien que la prudence habituelle, qui vient de l'analogie tryptaminique, n'a pas le fondement qu'on lui prête. Cela ne veut pas dire rassurer : l'évidence de classe va dans l'autre sens et elle est publiée, les alcaloïdes de l'ergot sont des agonistes sérotoninergiques et la dihydroergotamine peut provoquer un syndrome sérotoninergique chez l'humain, et la graine contient de façon mesurée, au moins dans un lot d'Argyreia, du méthysergide et de la méthylergométrine. Le fondement est mécaniste, pas empirique. Pour les triptans et les médicaments de l'ergot, la règle de non-association dans un intervalle de 24 heures est établie, et l'appliquer aux graines est une extrapolation raisonnable qu'il faut présenter comme telle ; elle est compliquée par le fait que certains usagers prennent précisément ces graines contre la céphalée en grappe, indication des triptans. Aucun cas de syndrome sérotoninergique attribué au LSA n'existe, et deux recherches indépendantes le confirment : l'absence est réelle, ce n'est pas un défaut de requête. La mise en garde sur le lithium qui circule sur les sites grand public n'a aucune source primaire. Reste la convulsion, et pour cette plante elle se dit en négatif. Le seul tableau de réanimation publié dans ce corpus, le PRES de Legriel 2008, comporte un état de mal épileptique, mais l'article est indexé sous la molécule, le LSA n'y a pas été dosé et l'espèce n'y est pas nommée : le liseron ne porte donc pas de signal convulsif propre, et il compte parmi les quatre substances du corpus qui n'en portent pas. Ce qui le concerne quand même est d'emprunt, et c'est la seule chose à retenir ici : dix des quatorze substances de ce corpus en portent un, et la graine n'en est pas, mais elle se prend rarement seule, et ce qu'on lui ajoute vient très souvent des dix.

8. Signes imposant un recours médical, et ce qu'il faut dire une fois sur place. Douleur thoracique. Céphalée sévère, inhabituelle et persistante. Convulsion. Confusion associée à une pression artérielle élevée, tableau évocateur de PRES. Extrémités froides, pâles ou douloureuses. Vomissements incoercibles avec impossibilité de s'hydrater. Tremblements marqués et incoordination. Idéation suicidaire, même fugace, chez la personne ou dans son discours. L'ergine ne figure dans aucune analyse de routine et un dépistage négatif n'exclut rien : dire ce qui a été pris et conserver le sachet avec son étiquette de cultivar change matériellement la prise en charge, d'autant que le nom d'espèce imprimé peut être faux.

Sources