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Déliriant · 216 rapports Erowid

Datura

Datura

Effets connus

Plante délirante anticholinergique (antagoniste muscarinique de l’ACh), distincte des psychédéliques. Produit un véritable délire clinique (hallucinations indistinctes du réel, désorientation, amnésie), modélisé par une boucle prédictive bayésienne défaillante.

Planche La Honda.

Tolérance

Tolérance peu pertinente : chaque prise est dangereuse et imprévisible (marge toxique étroite, teneur en alcaloïdes très variable). Ce n'est pas un usage à répéter.

Mélanges contre-indiqués

Ne jamais associer à d'autres anticholinergiques (antihistaminiques, certains antidépresseurs) : toxicité additive (hyperthermie, délire, troubles du rythme cardiaque). Éviter les stimulants et les dépresseurs. Déjà dangereuse seule.

Risques majeurs, liste non exhaustive ; en cas de doute, vérifier sur une ressource de réduction des risques.

Durée

Voie : orale · montée ~1 h · pic ~3 h · durée ~24 h
06 h12 h18 h24 hintensité

Ordres de grandeur indicatifs ; ils varient avec la dose, la voie et la personne.

Notes La Honda

Aucune note La Honda sur cette substance pour l'instant.

Rapports Erowid (216)

Échantillon des 50 plus récents sur 216. © Erowid Center.

Synthèse

Le datura est une plante délirante puissante, dont les alcaloïdes tropaniques agissent comme antagonistes compétitifs des récepteurs muscariniques de l'acétylcholine (ACh). Sa classe pharmacologique est distincte de celle des psychédéliques, des dissociatifs et des entactogènes : il produit un délire au sens clinique, et non un état psychédélique intégrable.

Action neurochimique

Les alcaloïdes tropaniques du datura (atropine, scopolamine, hyoscyamine) sont des antagonistes compétitifs des récepteurs muscariniques M1 à M5 de l'acétylcholine (ACh) dans le cerveau et le corps. En occupant ces récepteurs muscariniques, ils bloquent la transmission cholinergique. Le résultat est une perte des fonctions dépendantes de l'ACh : l'antagonisme muscarinique agit au niveau central comme périphérique. Les principaux mécanismes en jeu sont l'éveil et l'attention, la mémoire (apprentissage et formation de nouveaux souvenirs), l'amnésie antérograde marquée, et une perturbation cognitive et perceptive profonde.

Boucle prédictive bayésienne

La planche situe le datura dans un cadre prédictif. Le blocage muscarinique désorganise l'attention, la mémoire de travail et le filtrage sensoriel. Les niveaux supérieurs du modèle ne sont plus corrigés par les évidences sensorielles ascendantes (bottom-up). Il en résulte une erreur de prédiction fortement perturbée : le modèle interne devient incohérent, fragmenté et amnésique. La réalité interne se substitue à la réalité partagée, induisant un état de confusion profonde et d'amnésie.

Mécanismes du délire (dérèglement cholinergique)

La planche décompose le délire en plusieurs étapes. La transmission du modèle interne est perturbée, désorganisant l'attention, la formation de la trace mnésique et le filtrage sensoriel. Le modèle interne devient incohérent, fragmenté et autosuffisant, n'étant plus contraint par le réel. Apparaissent alors des hallucinations indistinguables : les constructions internes prennent le statut de réel, indiscernables de la perception ordinaire. Le délire clinique spatio-temporel entraîne une perte de l'orientation, des fausses croyances et des scénarios délirants convaincants. Enfin survient l'amnésie de l'événement : le souvenir de l'épisode est fragmentaire ou totalement absent.

Phénoménologie

Les conséquences fonctionnelles décrites incluent un délire chaotique, vivace et indistinguable du réel ; une désorganisation cognitive majeure (perte de l'orientation spatio-temporelle, de la logique) ; une amnésie antérograde marquée, incapable de former de nouveaux souvenirs ou de retenir l'expérience ; un temps imprévisible, dilaté ou figé ; des perceptions présentes mais perçues comme malveillantes, hostiles ou menaçantes ; une communication incohérente ou impossible ; des effets physiques importants (bouche sèche, mydriase, tachycardie, rétention urinaire, hyperthermie). Le datura se distingue des psychédéliques classiques : son délire est convaincant, non reconnu comme tel, sans introspection, et la frontière du réel est souvent abolie ou incontrôlable.

Réduction des risques

La planche insiste fortement sur la dangerosité. La durée est très variable : début 20 à 60 minutes, pic 1 à 3 heures, durée totale 6 à 24 heures, avec des après-effets (fatigue, confusion, bouche sèche) et une réintégration lente. La tolérance et la marge thérapeutique sont étroites : la dose active et la dose létale sont proches, et les teneurs en alcaloïdes varient fortement d'une plante à l'autre, rendant le dosage imprévisible. Les précautions soulignées : effets physiques potentiellement dangereux, risque d'accident, de blessure et de coma, surveillance d'un tiers indispensable, déconseillé en cas de troubles psychiatriques, cardiaques ou glaucome, identité incertaine de la plante. Le datura demeure une plante chamanique, délirante, toxique, dont l'usage relève de pratiques rituelles strictement encadrées et requiert une supervision médicale.

Sources

  • Littérature pharmacologique sur les alcaloïdes tropaniques (atropine, scopolamine, hyoscyamine) et l'antagonisme des récepteurs muscariniques de l'acétylcholine.
  • Travaux sur le système cholinergique, l'attention et la mémoire.
  • Cadre du codage prédictif et de l'inférence bayésienne en neurosciences (Friston ; Carhart-Harris et Friston, sur le cerveau prédictif et les états modifiés).
  • Toxicologie clinique des solanacées (Datura, Brugmansia) et des syndromes anticholinergiques.