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Psychédélique · 213 rapports Erowid
2-CB
Effets connus
Phénéthylamine psychédélique de la série 2C, agoniste partiel des récepteurs 5-HT2A/2C. Expérience à dominante visuelle et somatique, faiblement entactogène, avec préservation de l’ego et faible potentiel noétique.
Planche La Honda.
Tolérance
Tolérance rapide comme les psychédéliques, remise à zéro en quelques jours à deux semaines, avec tolérance croisée partielle avec le LSD et la psilocybine.
Mélanges contre-indiqués
IMAO contre-indiqués (réponse imprévisible, tension). Éviter les stimulants (vasoconstriction, charge cardiaque) et les autres sérotoninergiques. Lithium et tramadol : risque de convulsions.
Risques majeurs, liste non exhaustive ; en cas de doute, vérifier sur une ressource de réduction des risques.
Durée
Ordres de grandeur indicatifs ; ils varient avec la dose, la voie et la personne.
Notes La Honda
- · 2026-04-20
- · 2026-04-10
- · 2026-03-31
Rapports Erowid (213)
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Échantillon des 50 plus récents sur 213. © Erowid Center.
Le 2-CB est une phénéthylamine psychédélique de la série 2C, à dominante visuelle et somatique, et faiblement entactogène. La planche le présente comme une molécule préservant le sujet, à faible potentiel noétique : l'expérience reste sensorielle et esthétique plus qu'elle ne déconstruit le moi.
Action neurochimique
Le 2-CB agit comme agoniste partiel des récepteurs sérotoninergiques 5-HT2, avec une affinité maximale pour 5-HT2B (pKi 8.7), puis 5-HT2A (8.4) et 5-HT2C. La planche détaille plusieurs conséquences fonctionnelles de cette pharmacologie :
- 5-HT2A : effets visuels et modulation cognitive.
- 5-HT2C : composante somatique, tactile et parfois érotique.
- 5-HT2B : point atypique important, avec un enjeu cardiologique (valvulopathie) en usage chronique.
- Activité quasi absente sur D2, sigma-1 et TAAR1.
Ce profil expliquerait la préservation du moi et l'absence de profonde empathogénie ou mystique typique d'autres substances : le 2-CB occupe une niche spécifique, plus visuelle et sensorielle que franchement transformatrice.
Effet sur les réseaux cérébraux
Les données d'imagerie spécifiques au 2-CB restent limitées. Par extrapolation depuis la classe 5-HT2A, la planche évoque une réduction modérée de la hiérarchie corticale, une augmentation modérée de l'entropie cérébrale et une perturbation partielle du réseau du mode par défaut (DMN). Ces effets seraient moins prononcés que sous LSD ou psilocybine, et donc à intensité supérieure comparable de façon atténuée. La narration reste généralement préservée : pas de dissolution structurelle du moi.
Conséquences fonctionnelles
Au plan subjectif, la planche rapporte des visuels géométriques intenses, des couleurs saturées, des yeux ouverts comme fermés ; une activation somatique et tactile marquée ; une dimension érotique émergente aux doses moyennes à hautes. Elle souligne une confiance sociale et une désinhibition, sans empathogénie au sens MDMA, ainsi qu'une pensée fluide et une métacognition relativement préservée. Il n'y a pas de dimension noétique structurelle ni de dissolution ontologique typique.
Effets subjectifs rapportés
Sont listés : perceptions visuelles enrichies et synesthésies légères ; motifs géométriques, symétries et saturation chromatique ; connexion sociale et tactile, désinhibition charnelle ; euphorie légère, bonne humeur et légèreté ; clarté mentale relative, créativité et fluidité ; dilatation du temps et altération de la perception.
Un glitch atypique : fragments de futurs
Hors de son profil habituel (visuels géométriques, sujet préservé), le 2-CB peut, ajouté à un système sérotoninergique déjà saturé (par exemple en fin d'effet d'une MDMA), produire un type de glitch tout autre : de brefs fragments de futurs possibles. Le geste de saisir un téléphone, et pendant une fraction de seconde l'image de l'avoir laissé tomber. Ni la déformation kétaminée, ni l'absolu du N,N-DMT : une intrusion proleptique, un risque normalement silencieux qui affleure.
Une lecture possible : ce n'est pas une vision mais une simulation du modèle prédictif (forward model) qui franchit le seuil de la conscience. Le cerveau calcule en continu les conséquences sensorimotrices d'une action, branche d'échec comprise (et si ça tombe), puis jette ce calcul sous le seuil du rapportable ; ici il a fuité en percept. C'est l'homologue antéro-actif des frames kétaminés : la kétamine rend visible la mise à jour, ce glitch rend visible la prédiction (voir Cerveau bayésien).
Prudence épistémique : la phénoménologie brute est une intrusion visuelle brève au moment où la main se tend. Que ce soit la machinerie prédictive devenue visible, plutôt qu'une imagerie banale ré-ajustée après coup à un cadre plausible, reste une interprétation, séduisante mais portée par le système au retour. À la différence des frames kétaminés (récurrence, structure), on a ici un événement isolé.
Durée et tolérance
Par voie orale, le délai d'action est de 30 à 60 minutes, le pic de 1 à 2 heures, la durée totale de 5 à 7 heures et la descente de 1 à 2 heures. La tolérance est relativement rapide ; une tolérance croisée avec le LSD et la psilocybine est mentionnée. Un espacement d'au moins une à deux semaines est conseillé, idéalement davantage.
Réduction des risques
La planche insiste sur le caractère fortement dose-dépendant du 2-CB : une marge étroite sépare la dose recreative de paliers plus intenses et déroutants, et la voie nasale est nettement plus douloureuse et imprévisible que la voie orale. Le point de sécurité central est valvulaire : le récepteur 5-HT2B, pour lequel le 2-CB a sa plus forte affinité, est exprimé sur les valves cardiaques, et son agonisme chronique est associé aux valvulopathies, d'où des contre-indications (valvulopathie, HTA non contrôlée, arythmie, grossesse) et l'importance d'éviter l'usage rapproché et chronique. S'ajoutent un risque cardiovasculaire aigu, des effets indésirables digestifs et de la nausée possible. Les comprimés ou gélules sont parfois surdosés : commencer bas, peser si possible. Les associations sont à considérer avec prudence, notamment le risque sérotoninergique avec d'autres sérotoninergiques. Un usage récréatif ou thérapeutique dans un cadre informé et à dose contrôlée est privilégié.
Sources
- Alexander Shulgin, synthèse du 2-CB en 1974 et description dans PIHKAL.
- Littérature pharmacologique sur les récepteurs 5-HT2A, 5-HT2B et 5-HT2C des phénéthylamines.
- Travaux sur l'entropie cérébrale et le réseau du mode par défaut sous psychédéliques sérotoninergiques (Carhart-Harris et collaborateurs).
- Bases de réduction des risques type Erowid et TripSit sur le 2-CB.