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Prévention · réduction des risques

Rapport aux substances

Know your body. Know your mind. Know your substance. Know your source.

Know your body. Know your mind. Know your substance. Know your source. Quatre injonctions, dans cet ordre : le catéchisme de la réduction des risques, tel qu'il circule dans la culture depuis les années forum. Cette page le déplie.

Une chose d'abord. Ce wiki documente des molécules et des expériences ; il n'encourage rien. La seule réduction du risque à cent pour cent est de ne pas consommer. Mais la prohibition produit de l'opacité, l'opacité produit des accidents, et l'information en évite une partie. C'est le pari de la réduction des risques : on ne protège pas les gens en leur cachant ce qui les concerne.

Know your body

Connais ton corps : ce que tu prends rencontre d'abord un organisme, ses traitements et son histoire. Les interactions documentées ne sont pas des notes de bas de page : risque convulsif du lithium et du tramadol avec les psychédéliques, potentialisation imprévisible avec les IMAO (y compris végétaux, comme la rue de Syrie), atténuation par les ISRS et les neuroleptiques. Les antécédents personnels ou familiaux de schizophrénie ou de bipolarité de type I sont une contre-indication aux psychédéliques. Le coeur compte (stimulants, MDMA), le sommeil compte, la nourriture compte. Le corps est le premier setting.

Know your mind

Connais ton esprit : l'expérience psychédélique amplifie ce qu'elle trouve. Une période de crise, une angoisse qu'on fuit, une décision qu'on évite : tout sera au rendez-vous, en plus grand. L'intention n'est pas un rituel décoratif, c'est une variable au même titre que la dose : les attentes façonnent l'expérience jusque dans son contenu (c'est le coeur de la page Cerveau bayésien). D'où deux règles simples : ne pas consommer pour fuir quelque chose, et pour les doses fortes, une présence sobre et de confiance, dont le seul travail est d'être là.

Know your substance

Connais ta substance : son identité, sa dose, sa durée. L'identité se teste (voir plus bas), elle ne se devine pas. La dose se mesure : une balance au millième pour les poudres, le dosage volumétrique en dessous, et l'humilité de savoir qu'un buvard ne se dose pas à l'oeil. La durée se connaît avant, pas pendant : reprendre une dose parce que "ça ne monte pas" est le piège classique des molécules lentes. Une molécule à la fois ; les mélanges non documentés sont des expériences de chimie dont on est soi-même la verrerie. Et la tolérance des psychédéliques classiques met environ deux semaines à retomber : la précipitation n'a aucun intérêt pharmacologique.

Know your source

Connais ta source : pas pour lui faire confiance, pour savoir ce que cette confiance vaut. Le vendeur le plus honnête du monde répète ce qu'on lui a dit ; personne dans la chaîne n'a analysé le produit, et personne n'engage rien sur l'étiquette. Les noms de lots, les "parfums", les réputations sont du marketing (voir Molécules de synthèse). La règle tient en une phrase : on ne teste pas parce qu'on se méfie de son ami, on teste parce que son ami n'est pas un laboratoire.

Tester : comment

Les réactifs colorimétriques sont l'entrée de gamme, une dizaine d'euros : une goutte sur un fragment de produit, une couleur, une famille chimique. Ehrlich vire au violet en présence d'un indole : LSD et autres lysergamides, psilocybine, DMT. Un buvard qui ne fait pas virer Ehrlich n'est pas du LSD ; c'est exactement le test qui sépare le LSD d'un NBOMe. Marquis, Mecke et Mandelin couvrent les phénéthylamines (MDMA, série 2C, amphétamines).

Leurs limites sont réelles : un réactif indique une famille, jamais une pureté ni une dose, et Ehrlich ne distingue pas le LSD de la 1P-LSD. Pour la dose, il faut du quantitatif : services d'analyse, ou tests de laboratoire par courrier. S'y ajoute une règle sensorielle gratuite : if it's bitter, it's a spitter ; le LSD est insipide, l'amertume et l'engourdissement signalent un NBOMe.

Tester : où

  • France : les structures de réduction des risques (CAARUD), les associations en milieu festif (Techno+, Fêtez Clairs), et le dispositif SINTES (OFDT), qui fait analyser des échantillons via ces structures. Information anonyme : drogues-info-service, 0 800 23 13 13.
  • Europe : Energy Control (Espagne, service d'analyse international par courrier), checkit! (Vienne), DIMS (Pays-Bas), Miraculix (Allemagne, tests quantitatifs).
  • Amérique du Nord : DanceSafe (kits et stands en festival).
  • Les kits de réactifs s'achètent légalement en ligne ; les réactifs eux-mêmes ne sont pas des stupéfiants.

Si ça tourne mal

Un bad trip n'est pas une urgence médicale : un lieu calme, une présence, pas de décisions, et la courbe finit par redescendre. Parler, respirer, changer de pièce ou de musique suffit souvent à déplacer l'expérience. L'urgence médicale, elle, a des signes physiques : convulsions, hyperthermie, douleur thoracique, perte de conscience. Dans ce cas on appelle le 15 (ou le 112 partout en Europe) et on dit ce qui a été pris : les équipes médicales sont tenues au secret, et nommer la substance fait gagner un temps précieux.

Sources

  • TripSit, tableaux d'interactions et documentation communautaire
  • DanceSafe, réactifs et fiches par substance
  • Drogues info service, information et orientation en France
  • OFDT, dispositif SINTES
  • Energy Control, analyse internationale par courrier
  • The Manual of Psychedelic Support, guide libre d'accompagnement des expériences difficiles